Enquête : peut-on voyager sans émettre de CO2 ?

Max

écrit par Max • septembre 4, 2019

Greta Thunberg a récemment débarqué à New York après 15 jours de traversée de l’atlantique à bord d’un voilier zéro-émission. Cette initiative audacieuse soulève de nombreuses réflexions sur nos habitudes de voyages et leurs impacts sur l’environnement.

Sailsquare – la plateforme #1 en Europe des voyages en voilier – a réalisé un comparatif des émissions de CO2 des principaux moyens de transport avec l’objectif d’identifier des bonnes pratiques pour voyager de manière plus éco-responsable. Cette enquête révèle que voyager sans émettre de CO2 est une utopie. Il est en revanche possible de réduire son impact carbone en limitant les déplacements en avions et en adoptant de nouveaux comportements dans la façon de concevoir ses vacances : plus local, plus lent, plus durable et plus authentique.

Voyager sans émettre de CO2 est une utopie

Le vélo et la marche à pied sont sans aucun doute les moyens de transport les plus écologiques pour voyager. Il n’est cependant pas réaliste de penser que l’on va marcher ou pédaler depuis chez soi pour se rendre à son lieu de vacances. Il en est de même pour l’aventure transatlantique en voilier de Greta Thunberg qui ne peut s’apparenter à une alternative crédible à l’avion.Cette dernière pose cependant les bases d’une réflexion profonde et nécessaire sur une nouvelle façon de concevoir ses vacances pour limiter son impact sur l’environnement : plus locale, plus lente, plus durable, plus responsable et plus authentique” commente Maxime Courtaigne, responsable international de Sailsquare.

L’avion est 7x plus polluant que le train, le bus ou le covoiturage

Il est donc préférable d’emprunter le train le bus ou le covoiturage autant que possible, particulièrement pour les courtes distances (1 à 2h de vol). Au final, un Paris/Barcelone ou un Paris/Londres prend moins de temps en train qu’en avion. Le réseau ferré européen dispose d’une excellente interconnexion et d’une grande densité de lignes à grande vitesse. La dérégulation européenne des bus longues distances (loi Macron) permet aussi de relier des villes et régions non desservies par le train à des tarifs battant toute concurrence. Enfin, l’émergence du covoiturage permet d’enrichir cette nouvelle offre de mobilité territoriale plus responsable et moins polluante. 

Le voilier est le moyen de transport le plus responsable pour explorer des îles

Corse, Baléares, Cyclades, Sardaigne… Nous sommes chaque année de plus en plus à vouloir explorer la magie des ces îles et archipels pendant nos vacances et ce tourisme de masse n’est pas sans conséquence sur l’environnement. L’étude démontre que les voyages en voilier sont 6x plus écologique qu’un ferry et 18x plus qu’un paquebot pour partir à l’exploration de ces joyaux du patrimoine européen. Ce faible impact environnemental est renforcé par le fait que “sur un voilier, une micro-société se met en place, codifiée par l’économie des réserves en eau, l’utilisation d’énergie avec parcimonie et la consommation de produit frais et locaux. Les ressources sont à utiliser avec modération et il n’est ainsi pas possible de prendre des douches à rallonge, de laisser les lumières allumés ou de rester des heures devant un écran” ajoute Marine Guillot, responsable France de Sailsquare.

Les paquebots de croisière sont une hérésie écologique

C’est une réalité, les paquebots sont bien plus polluants que l’avion. Une étude récente de l’association France Nature Environnement démontre d’ailleurs qu’un navire de croisière à l’arrêt pollue autant qu’un million de voitures en termes d’émission de particules fines et de dioxyde d’azote. Ce n’est sans compter les autres impacts négatifs de ces géants des mers sur l’environnement : érosion des ports, rejets de déchets en mer, pollution sonore, développement du tourisme de masse, surconsommation à bord. 

La voiture est bien trop polluante pour des transports locaux

Les émissions de CO2 ne se limitent pas aux moyens de transports utilisés pour se rendre en vacances. Elles concernent aussi les déplacements et activités réalisés sur place. Il est alors évident que la voiture n’est pas la meilleure alternative pour des vacances responsables. Il convient alors de privilégier la marche ou le vélo pour les petites distances ou les transports locaux (bus, train) pour les trajets un peu plus longs. Il est toutefois intéressant de noter qu’un roadtrip avec une voiture remplie (4 passagers) montre un impact carbone assez similaire aux déplacements en bus et train. Enfin, le voilier s’avère être une excellente alternative pour visiter certains pays comme la Croatie, l’Italie ou la France d’une façon originale et complètement hors des sentiers battus.  

4 recommandations pour limiter son impact environnemental en voyage

Voyager plus lentement : pour faire moins mais faire mieux

À l’heure où tout va très vite, où il faut faire le plus d’activités possibles, on a parfois besoin de ralentir et de lever le pied. De la même manière que le slow food s’oppose au fast-food, le slow travel est une nouvelle façon de voyager plus lente, plus contemplative, plus responsable et plus authentique. Cet état d’esprit mise sur un nouveau luxe, celui de prendre son temps. Fini les checklists et les bucketlists, le slow traveler souhaite faire moins mais faire mieux. A titre d’illustration, de nombreux touristes prennent part à des voyages pendant lesquels ils passent 3 jours dans chacune des grandes capitales européennes. Est-ce vraiment cela explorer un pays ou un continent ? Ne devraient-ils pas choisir un pays ou une culture qu’ils souhaitent découvrir plus en profondeur ? Tout comme les produits du quotidien, le voyage est devenu un bien de grande consommation : plus on en a, plus on en fait, plus on se sent valorisé… mais au final moins on en connaît.

En quelques décennies, l’essor du trafic aérien a considérablement modifié la perception des distances et notre façon de voyager. On voyage plus loin, plus vite et on émet toujours plus de CO2 ! Le bilan carbone de chacun est très important et de plus en plus de voix se lèvent contre ce mode de transport à l’image du mouvement “flygskam” en Suède qui signifie littéralement “la honte de prendre l’avion”. Comme le montre le tableau ci-dessus, il existe de nombreuses alternatives plus écologiques que l’avion. La contrepartie ? Prendre le temps de voyager différemment. La prise d’un congé sabbatique et de congés sans solde peut être une solution pour des destinations lointaines. Si vous souhaitez faire comme Greta Thunberg, Sailsquare vous permet de trouver des places à bord de transatlantiques en voilier à destination des Caraïbes.

Voyager plus responsable : pour être fier de ses efforts

Le transport n’est pas l’unique impact environnemental d’un voyage. Ce que vous faites sur place, là où vous dormez et ce que vous consommez doit aussi être intégré dans l’équation. Un comportement responsable en voyage peut être induit par quelques gestes simples qui nécessitent des efforts limités comme : utiliser de la crème solaire biodégradable, se munir d’une gourde pour limiter sa consommation de plastique, consommer des produits locaux et de saison, diminuer sa consommation de viande, utiliser un vélo pour ses déplacements, restreindre sa consommation d’eau pour la douche, etc. 

Nous avons tous l’habitude de dire que les voyages permettent de s’ouvrir l’esprit. Pourquoi ne pas en profiter pour ramener ces bonnes habitudes à la maison après les vacances afin d’adopter un comportement plus responsable au quotidien ?

Voyager plus local : pour explorer les merveilles de la France

La mode est à la découverte de destinations exotiques et de cultures lointaines pendant les vacances. On rêve toujours d’une plage aux Caraïbes et d’un trek au Népal alors que la France recèle de criques paradisiaques et de montagnes spectaculaires. N’est-il pas important de profiter des richesses de son propre pays avant de s’aventurer sous d’autres latitudes ? 

L’ Europe est un terrain de jeu disposant d’une grande diversité de cultures, de pays et de paysages tous aussi surprenants les uns que les autres. Comme mentionné ci-dessus, l’interconnexion par route, train et bus est très efficace et en constante amélioration ce qui permet de voyager sans avoir recours à l’avion assez facilement. Comptez 6h pour un Paris/Barcelone en train, 5h pour un Paris/Milan sans oublier les 2h pour un Paris/Londres. Voici plusieurs bonnes raisons de reconsidérer votre prochaine destination de vacances pour l’été prochain !

Compenser les vols : pour être conscient de son impact

Il est bien évidemment difficile de faire le choix radical d’arrêter de prendre l’avion. Il est en revanche envisageable de consommer ce moyen de transport avec plus de modération. A titre d’illustration, un aller simple Paris – New York génère près de 1,000 kg de CO2 par passager en classe économique selon le calculateur myclimate. 

Chaque voyage doit donc faire l’objet d’une réflexion pour évaluer la pertinence de prendre l’avion selon l’ordre suivant : éviter, réduire, compenser. Cela implique que l’on doit éviter de prendre l’avion tant que faire se peut. Cela permet de réduire cet impact carbone. On peut par exemple décider de passer ses vacances d’été dans un pays européen pendant trois ans, puis de se “permettre” un vol plus long de temps en temps. L’important est alors ensuite de compenser son émission de CO2 à travers les différentes alternatives offertes par les compagnies aériennes ou par des associations de protection de l’environnement tel que MyClimate ou GoodPlanet.

 

Enquête : résultats et calculs détaillés

Les principales sources d’information utilisées pour ce rapport sont les suivantes :

  • BEIS UK : pour toutes les informations liées aux émissions de CO2 par moyen de transport
  • Vestforsk : pour les informations liées aux émissions de CO2 pour les paquebots

Les données liées aux émissions d’un voyage à la voile ont été calculées selon ces hypothèses :