Les villes : responsables de 80 % des déchets dans les océans

juillet 14, 2017

Les déchets de nos océans en quelques chiffres

Saviez-vous que les villes sont responsables de 80 % des déchets jetés en mer ? La société Planetoscope publie en temps réel les statistiques mondiales en matière d’écologie. Et les chiffres sont alarmants ! En effet, les professionnels estiment que 20 milliards de tonnes de déchets sont reversés chaque année dans les océans. Si 20 % d’entre eux sont d’origine marine, les 80 % restants se composent essentiellement de matériaux produits au sein des villes : plastiques, métaux, cartons, tissus, rejets de pesticides… Comment sont-ils déversés dans les eaux ? Beaucoup tombent ou sont jetés au large, depuis les grands bateaux. Les autres proviennent généralement des villes côtières. Ils sont accumulés sur les rivages et emportés dans les océans, ou flottent à la surface des mers. La Méditerranée, cernée par de nombreux centres urbains, compterait ainsi une densité de déchets marins allant jusqu’à 115 000 particules par km² ! Certaines îles grecques, falaises croates et grandes plages d’Italie sont aujourd’hui partiellement endommagées. L’océan, quant à lui, est appelé « septième continent de plastique ». Il y a 20 ans, en 1997, le navigateur Charles Moore découvrait une importante plaque de déchets au centre du Pacifique nord. Après sept expéditions menées au cœur de cette zone dont la surface est équivalente au Texas, les pics de plastique jetés par an furent estimés par son équipe à 969 777 fragments par km² ! Des chiffres colossaux, pour des matériaux essentiellement produits dans les villes. Cette zone est depuis appelée la « grande poubelle du Pacifique »…

Les conséquences désastreuses de ces déchets dans les océans

Malheureusement, les voyages de ces déchets, des centres urbains jusqu’aux océans, ne cessent pas et le développement des mégalopoles côtières sur plusieurs continents génère une production mondiale incessante. L’UNESCO met notamment en garde les gouvernements contre l’essor du tourisme côtier, l’étalement urbain ou encore l’industrie manufacturière. Les déchets plastique des océans produits par les villes causent la mort de 100 000 mammifères marins et de plus d’un million d’oiseaux chaque année. Plus largement, cette production intensive des grandes villes génère des perturbations dans l’écosystème mondial. Des microbes se développent massivement suite à la décomposition de plastique dans les eaux. Ils entraînent la destruction d’algues et de planctons, nourriture de nombreuses espèces : crustacés, poissons, baleines… Des « zones mortes » parsèment ces mers de plastique, au sein desquelles la vie marine n’existe plus. Leur surface équivaut à celle d’un Royaume-Uni en pleine expansion. Enfin, n’oublions pas : toutes ces substances potentiellement toxiques sont ingérées par l’homme, à la fin de la chaîne alimentaire…

De multiples initiatives pour réduire les déchets dans les océans

Symbole d’une surconsommation effrénée, ces constats font froid dans le dos. Quelles actions sont mises en œuvre pour tenter d’enrayer ce phénomène ? Les initiatives contre la pollution plastique des océans sont diverses.

– Les premières rassemblent de petites communautés de citadins qui s’unissent de manière exceptionnelle pour nettoyer plages ou fonds marins côtiers. Leurs actions ont un impact localisé et sont le signe d’une prise en compte par les habitants de ce désastre généralisé.

– Internationales, les initiatives sont souvent entreprises par des ONG qui luttent contre la pollution maritime. Si les opérations menées par l’Algalita Marine Research Foundation, fondée par Charles Moore, sont essentielles pour l’océan Pacifique, le travail mené par les chercheurs de la Sea Education Association ou celui de l’Institut privé Woods Hole Oceanographic est tout aussi fondamental.

– Enfin, des plans d’urgence nationaux sont mis en place dans de nombreux pays, à l’instar du récent « Plan d’urgence national de lutte contre les pollutions marines accidentelles » au Maroc. Mais l’urgence est aujourd’hui mondiale et ne peut s’arrêter aux frontières. Océans et mers se recouvrent de plastique. Les fonds marins se meurent et des milliers d’espèces aquatiques sont en danger.