Expédition nordique en Norvège : une croisière en voilier là où la mer rencontre la neige

Alyzée

écrit par Alyzée • octobre 18, 2018

Au milieu des montagnes enneigées, il est temps pour nous de regagner le port de départ.

Paul, notre skipper, fait cap sur Stavanger le fief des fjords norvégiens. De la proue de « Thor », un monocoque Hanse 461 de 14 mètres, je profite de cette dernière traversée pour vous conter notre merveilleuse aventure. 

Ah, la Norvège de l’Ouest ! Une des régions les plus populaires du pays. Naviguer entre les hautes montagnes aux majestueuses parois rocheuses arborées de cascades spectaculaires se déversant dans la mer du Nord… Oui, ce site est plutôt bucolique comme dirait Paul !

J’ai eu le plaisir de partager cette fantastique croisière avec quatre « gentlemen » francophones : Luc un breton cumulant les voyages atypiques, Hugo et Florian deux jeunes Suisses devant réaliser 1000 nautiques pour valider leur licence de navigation au large, et enfin Paul notre skipper hollandais souhaitant partager sa passion pour la voile.

Nous nous sommes retrouvés tous les cinq sur le bateau de Paul, un splendide monocoque recouvert de teck, aux finitions marines soignées. Je me rappelle du premier jour, Hugo, Florian et Luc, demeuraient à l’écoute du capitaine pour la mise en place du navire. Sous l’œil avisé de Paul, Hugo attachait la grand voile aux coulisseaux, Luc resserrait les lattes, pendant que Florian hissait la voile à l’aide de la drisse. Tel de vrais marins, nous nous apprêtions à rentrer dans la peau des vikings !

Comme cette semaine était orientée sur la pratique et l’apprentissage de la voile, planifier notre parcours faisait partie du jeu. Suivant les précieux conseils de notre skipper fin connaisseur des lieux, nous avons pu tous nous mettre d’accord sur l’itinéraire à suivre : cap sur le sensationnel fjord Lysefjorden ! Et c’est ainsi que nous avons débuté notre exploration, Hugo et Florian étaient surexcités, ils n’attendaient qu’une chose : naviguer à pleine allure ! Luc lui, avait surtout hâte de découvrir la beauté du site.

Pendant les navigations, chacun occupait un poste précis : tout était une question d’organisation à bord. A tour de rôle, Hugo et Florian s’échangeaient la barre, Luc gérait les écoutes de grand voile et du foc, et Paul contrôlait notre itinéraire sur son Navionics. Le vent était très capricieux dans les Fjords, changeant de direction tous les quarts d’heures, c’était un vrai exercice de navigation pour nos trois apprentis. Autant vous dire que l’environnement et le rythme est for différent de ma précédente croisière en catamaran à Cuba

Armée de mes caméras, j’observais avec attention les moindres faits et gestes de l’équipage. Mais voilà que lors de notre traversée de Stavanger à Forsand, le long des îles Kal-Voy, Luc m’interpelle : « Alyzée, regardes au-delà du pont, tu vois les ailerons ? ». Effectivement, je ne voyais pas plus loin que les haubans, mais juste à côté, nous partagions notre route avec de timides dauphins.

Nous voguions au rythme du vent, de port en port, et à chaque escale une expédition différente nous attendait. Aillant vécu une majeure partie de ma vie aux Caraïbes, je vous avoue que j’étais comme une enfant découvrant pour la première fois la magie d’un parc Disney. Face à mon enthousiasme pour les excursions à terre, Paul a vite compris qu’il fallait m’orienter vers les plus beaux spots du coin.

C’est ainsi que nous avons réalisé l’ascension du célèbre Preikestolen et relevé le défi des 4 444 marches de Florli, l’escalier le plus gigantesque du monde ! Florian et Hugo étaient mes compagnons de route. Paul et Luc eux préféraient refaire le monde autour d’un café sur le pont du bateau. C’est comme ça la vie sur un bateau, il y a des moments où l’équipage est ensemble et des moments où chacun fait ce qu’il a envie.

La musique de notre sono accrochée au sac à dos imposait la cadence, et tel des explorateurs nous nous lancions à corps perdu dans la conquête des différents sommets enneigés. Plutôt réussi pour Preikestolen, 5h d’expédition au total, mais il fallait bien les atteindre ces 604 mètres d’altitude ! 

En revanche pour les 4 444 marches de Florli, mes acolytes n’ont pas été aussi courageux : au bout de 1 500 marches, ils m’ont tout bonnement abandonné ! Pas grave, j’ai tout de même continué ma route sans eux, même si les plaisanteries d’Hugo m’ont pas mal manquées.

Tant et si bien que je partageais ma semaine avec que des hommes, je dois dire qu’ils étaient plutôt doués en cuisine. Nous avons eu le plaisir de partager de bons moments autour d’aliments variés. Entre les produits extra-frais de la région, comme le fameux saumon, ou encore les spécialités apportées par chacun des membres de l’équipage, ce séjour a été riche en découverte pour nos papilles gustatives ! Nous avons même eu l’occasion de déguster du jambonneau d’agneau dans la ferme d’un monastère lors de notre escale à Rennesoy.

Et en ce moment nous réalisons notre dernière étape du voyage, retour au bercail !

Nostalgique à l’idée de quitter ces personnes avec lesquels j’ai eu tant de fous rires et moments abracadabrants, je me réconforte en sachant que ce ne sont pas des au revoir, mais plutôt un « à bientôt ».

Il va falloir que je m’y fasse, parce qu’aujourd’hui je m’apprête à saluer un équipage avec qui j’ai tissé des liens particuliers, pour en rencontrer un nouveau à l’autre bout du monde… Oui, dans quelques heures je fais cap sur les Seychelles !

Après le monde des montagnes aux neiges éternelles, direction la chaleur tropicale de l’Océan Indien où je pars à la rencontre d’une flottille de quatre catamarans… Une aventure qui promet d’être épique !